Wi-Fi ferroviaire par satellite : le Royaume-Uni finance un nouveau test sur les trains ScotRail

Wi-Fi ferroviaire par satellite

Le Royaume-Uni veut s’attaquer à l’un des problèmes persistants du train connecté : les zones blanches. Sur les 13 millions de livres accordés à seize projets de communications spatiales, 428 000 livres financeront un essai sur la West Highland Line de ScotRail. L’objectif est de tester un Wi-Fi ferroviaire par satellite capable de prendre le relais lorsque les réseaux mobiles terrestres deviennent insuffisants.

ScotRail exploite une grande partie des liaisons ferroviaires écossaises, dont plusieurs lignes traversant des territoires faiblement couverts par les réseaux mobiles. L’opérateur expérimente déjà différentes solutions de connectivité : en 2025, six trains Class 158 avaient notamment été équipés pour tester une connexion reposant sur des satellites en orbite basse dans le nord de l’Écosse.

Un financement de 428 000 livres pour la West Highland Line

Le projet concerné porte le nom de SODOR CCN 4, pour « Satellites for Digitalisation of Railways ». Piloté par CGI IT UK, il doit équiper un train ScotRail circulant sur la West Highland Line avec du matériel de communication satellitaire.

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Le financement public annoncé atteint précisément 428 000 livres. Cette expérimentation s’inscrit dans une enveloppe globale de 13 millions de livres attribuée à seize projets de communications spatiales.

Pour le gouvernement britannique, l’enjeu dépasse donc le simple confort des voyageurs. Ce pilote doit permettre d’évaluer l’intérêt d’une connectivité satellitaire sur les trains circulant dans des zones où les réseaux mobiles restent irréguliers.

Satellite LEO ou 4G/5G : pourquoi les deux technologies sont complémentaires

Le principe du Wi-Fi ferroviaire par satellite n’est pas nécessairement de remplacer la 4G ou la 5G. L’approche étudiée par SODOR repose justement sur un réseau hybride, capable de sélectionner plusieurs moyens de communication selon leur disponibilité, leur qualité et leur coût.

Sur les portions urbaines ou bien couvertes, les réseaux mobiles terrestres conservent plusieurs avantages : infrastructures déjà déployées, capacité importante et équipements largement standardisés.

Dans une vallée isolée ou sur une ligne traversant des kilomètres sans antenne mobile, un satellite peut en revanche fournir le lien qui manque.

Les précédents essais SODOR ont déjà associé les réseaux terrestres à une constellation en orbite basse. L’objectif est de vérifier la possibilité de basculer entre plusieurs réseaux sans interrompre la connexion à bord.

La West Highland Line, un terrain particulièrement exigeant

La West Highland Line relie notamment Glasgow à Oban, Fort William et Mallaig. Elle traverse des forêts, des lochs et des régions montagneuses où installer continuellement des relais mobiles peut être complexe et coûteux.

C’est précisément dans ce type d’environnement que le satellite devient intéressant. Contrairement à une antenne 4G ou 5G terrestre, sa couverture ne nécessite pas l’installation d’une station de base tous les quelques kilomètres le long de la voie.

ScotRail dispose déjà d’expériences de connectivité dans des secteurs isolés. La gare de Corrour, située dans une zone particulièrement reculée, bénéficie notamment d’une infrastructure utilisant une liaison satellitaire pour compléter la couverture locale.

Les tunnels restent le point faible du satellite

Le Wi-Fi ferroviaire par satellite n’est toutefois pas synonyme de connexion permanente. Une antenne installée sur le toit d’un train doit conserver une visibilité suffisante vers le ciel.

Les tunnels constituent donc un obstacle évident, tout comme certaines tranchées profondes, infrastructures ou reliefs montagneux susceptibles de bloquer temporairement le signal.

Dans ces zones, une connexion terrestre doit prendre le relais lorsque la liaison satellitaire devient inutilisable. Les architectures ferroviaires hybrides combinant satellite et réseau terrestre restent ainsi essentielles.

Le défi technique est donc moins de choisir entre satellite et 5G que d’effectuer la transition entre les deux sans que le passager la remarque.

Combien coûte l’équipement satellitaire d’un train ?

Le montant de 428 000 livres ne correspond pas au prix d’équipement d’un seul train. Il finance l’ensemble du pilote SODOR CCN 4, qui comprend le matériel, son intégration et les travaux nécessaires à l’expérimentation.

Aucun coût unitaire officiel pour une éventuelle généralisation n’a été communiqué à ce stade.

Une installation de ce type nécessite notamment une antenne adaptée au toit du train, des modems, un système de routage multi-réseaux et l’intégration avec le Wi-Fi déjà disponible à bord.

À cela s’ajoutent les abonnements aux opérateurs satellitaires, la maintenance et les certifications ferroviaires.

Le coût réel à grande échelle sera donc déterminant. Une solution satellitaire peut être économiquement pertinente si elle évite de construire une infrastructure terrestre dédiée sur des dizaines ou centaines de kilomètres peu fréquentés.

Du Wi-Fi passager aux trains davantage connectés

L’intérêt du projet ne s’arrête pas à la navigation Web, au streaming ou aux visioconférences des voyageurs. Le programme SODOR prévoit également des applications liées au fonctionnement du chemin de fer.

Les communications peuvent servir aux capteurs IoT installés dans les trains, à la maintenance, au suivi des équipements ou à la transmission de données opérationnelles.

L’architecture peut aussi permettre de sélectionner automatiquement la connexion disponible selon le niveau de service demandé.

Le Wi-Fi ferroviaire par satellite devient ainsi la partie visible d’une évolution plus large : celle d’un train connecté simultanément à plusieurs infrastructures de télécommunication.

Ce qu’il faut retenir

Le Royaume-Uni finance à hauteur de 428 000 livres un nouveau pilote de connectivité satellitaire sur un train de la West Highland Line.

Le projet veut compléter la 4G et la 5G dans les zones où leur couverture reste insuffisante.

Le Wi-Fi ferroviaire par satellite pourrait améliorer la connexion dans les régions rurales, mais il ne supprimera pas les coupures dans les tunnels sans infrastructure terrestre complémentaire.

L’enjeu principal repose donc sur la combinaison automatique de plusieurs réseaux plutôt que sur le remplacement complet de la 4G ou de la 5G.

Positionnement sur le marché

Le projet britannique s’inscrit dans une tendance européenne vers des réseaux ferroviaires hybrides associant 4G, 5G et satellites LEO.

Le Wi-Fi ferroviaire par satellite cible en priorité les trains régionaux et longue distance traversant des territoires où densifier le réseau mobile serait peu rentable.

Pour les opérateurs, l’enjeu sera de comparer le coût des antennes et des abonnements satellitaires à celui de nouveaux relais terrestres, tout en garantissant une bascule transparente entre les réseaux.

Cette approche pourrait notamment intéresser les lignes rurales, montagneuses ou faiblement fréquentées, où les investissements dans de nouvelles infrastructures mobiles sont plus difficiles à rentabiliser.

FAQ : Wi-Fi par satellite de ScotRail

Quelle ligne ferroviaire est concernée ?
Le nouveau pilote doit être mené sur la West Highland Line de ScotRail, qui dessert notamment Fort William et Mallaig depuis Glasgow. Un train doit recevoir les équipements nécessaires.

Quel est le budget du projet ?
Le projet SODOR CCN 4 reçoit 428 000 livres. Il fait partie d’une enveloppe britannique de 13 millions de livres destinée à seize projets de communications spatiales.

Le système remplacera-t-il la 4G et la 5G ?
Non. La logique consiste à combiner réseaux satellitaires et terrestres afin de sélectionner le lien disponible selon la situation.

Le satellite fonctionne-t-il dans les tunnels ?
Pas directement lorsque le train n’a plus de visibilité vers les satellites. Des réseaux terrestres ou relais complémentaires restent donc nécessaires pour assurer une continuité complète.

Quelle constellation sera utilisée sur la West Highland Line ?
La constellation retenue pour ce pilote n’a pas été précisée officiellement. De précédentes expérimentations SODOR ont toutefois utilisé des satellites LEO.

Récapitulatif technique

  • Projet : SODOR CCN 4 – West Highland Line Pilot
  • Opérateur ferroviaire : ScotRail
  • Pilote technique : CGI IT UK
  • Financement : 428 000 livres
  • Technologies : satellite, Wi-Fi embarqué, réseaux mobiles multi-opérateurs
  • Architecture visée : réseau hybride satellite + 4G/5G
  • Objectif : maintenir le haut débit dans les zones rurales et les zones blanches
  • Limite principale : tunnels et obstacles bloquant la visibilité satellitaire
  • Nombre de trains annoncé pour ce pilote : un
  • Constellation du pilote 2026 : non précisée officiellement

En résumé

Le Royaume-Uni veut utiliser le satellite comme complément aux réseaux mobiles afin de réduire les zones blanches à bord des trains.

Le pilote de 428 000 livres mené avec ScotRail doit éprouver cette approche sur la très rurale West Highland Line.

La clé ne sera pas le satellite seul, mais une architecture capable de basculer automatiquement entre satellite, 4G et 5G.

 


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À propos de l'auteur

David Peruch
David Peruch est responsable éditorial de Planet Sans Fil, média francophone consacré aux technologies sans fil. Depuis deux décennies, il couvre le Wi-Fi, le Bluetooth, les réseaux mobiles, les objets connectés, les smartphones, l’audio et la maison connectée. Auteur de plus de 14 000 articles, il publie des actualités, dossiers, comparatifs et tests destinés à rendre les nouvelles technologies accessibles au grand public.

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