Sateliot 5G NTN : cinq nouveaux satellites pour connecter l’IoT au-delà des réseaux mobiles

Sateliot satellites 5G

Sateliot vient de franchir une nouvelle étape dans le déploiement de son réseau spatial. L’opérateur européen a lancé cinq nouveaux satellites dans le cadre de la mission Draconis afin de renforcer sa constellation Sateliot 5G NTN dédiée à l’Internet des objets. Placés en orbite basse, ils doivent augmenter la fréquence des communications avec les appareils situés en dehors de la couverture des réseaux mobiles terrestres.

Basée à Barcelone et fondée en 2018, Sateliot développe une infrastructure de télécommunications par satellite reposant sur les standards 3GPP. L’entreprise cherche ainsi à rapprocher réseaux cellulaires terrestres et satellites, avec notamment le NB-IoT NTN. Après plusieurs premiers satellites et quatre unités lancées en 2024, sa constellation compte désormais onze satellites lancés depuis la création de la société.

Cinq nouveaux satellites pour la constellation Sateliot 5G NTN

La mission Draconis ajoute cinq satellites à l’infrastructure Sateliot 5G NTN. Selon l’entreprise, les cinq unités ont atteint leur état initial nominal après leur lancement, permettant de préparer leur intégration opérationnelle dans la constellation.

L’objectif n’est pas simplement d’augmenter le nombre d’appareils en orbite. Ces satellites doivent surtout multiplier les occasions offertes aux terminaux IoT de transmettre leurs données.

Sateliot annonce ainsi un doublement du nombre moyen de passages quotidiens au-dessus des zones couvertes et une division par deux du temps de revisite. Dans un système reposant encore sur une couverture intermittente, cette évolution est importante : un capteur devrait disposer plus régulièrement d’une fenêtre permettant de communiquer avec un satellite.

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Une orbite basse à 510 kilomètres d’altitude

Chaque satellite Draconis évoluera à environ 510 km d’altitude, dans une orbite terrestre basse ou LEO. Ce positionnement est couramment utilisé par les nouvelles constellations de télécommunications afin de rapprocher les infrastructures spatiales des terminaux au sol.

Les satellites restent particulièrement compacts. Chaque unité mesure environ 20 x 10 x 35 cm pour une masse de seulement 10 kg.

Sateliot annonce une durée de vie opérationnelle d’environ cinq ans. Leur fabrication a été confiée à Alén Space, tandis qu’Exolaunch s’est chargé de leur intégration avec le véhicule de lancement.

Le principe consiste à transformer ces petits satellites en relais de télécommunications capables de compléter les réseaux des opérateurs mobiles lorsque leurs antennes terrestres ne couvrent plus la zone concernée.

Des satellites améliorés par rapport à la génération de 2024

Les cinq satellites Draconis ne sont pas de simples copies des unités envoyées en orbite en 2024. Sateliot indique avoir fait évoluer plusieurs composants importants.

La charge utile a notamment été optimisée. Le système de stockage des données embarqué doit également gagner en fiabilité et en efficacité, un élément essentiel pour l’architecture « store-and-forward » utilisée par le réseau.

Dans ce fonctionnement, les données d’un objet connecté peuvent être enregistrées temporairement par le satellite avant d’être retransmises lorsque la liaison appropriée devient disponible.

Les satellites disposent également d’une nouvelle version de leur ordinateur central et de leur système de contrôle d’attitude. Ces modifications doivent améliorer la stabilité des unités et faciliter les manœuvres réalisées une fois en orbite.

Enfin, les systèmes de mémoire ont été renforcés afin de mieux résister aux contraintes du milieu spatial, notamment aux radiations.

Comment fonctionne la connectivité 5G NTN de Sateliot ?

La particularité de Sateliot 5G NTN repose sur l’utilisation des standards cellulaires définis par le 3GPP. NTN signifie « Non-Terrestrial Network », c’est-à-dire réseau non terrestre.

L’idée consiste à faire du satellite une extension du réseau mobile plutôt qu’un système totalement indépendant nécessitant une infrastructure propriétaire spécifique.

Sateliot vise notamment les appareils NB-IoT NTN, une technologie adaptée aux objets qui transmettent de petites quantités de données et doivent fonctionner avec une consommation énergétique limitée.

Cette architecture peut intéresser des capteurs agricoles, des équipements industriels, des systèmes de suivi logistique, des infrastructures énergétiques ou des dispositifs environnementaux installés dans des régions où aucune antenne mobile n’est disponible.

La connexion n’a donc pas vocation, dans cette première phase, à remplacer la fibre ou la 5G d’un smartphone. Elle doit avant tout permettre à de petits équipements IoT de continuer à transmettre des informations depuis des zones isolées.

Une extension spatiale des réseaux des opérateurs mobiles

Le modèle choisi par Sateliot repose également sur les opérateurs télécoms. L’entreprise souhaite commercialiser sa capacité sous forme d’accords de gros afin que les opérateurs puissent étendre leurs propres services IoT au-delà de leur couverture terrestre.

Pour l’utilisateur professionnel, cette approche pourrait simplifier le déploiement. L’objectif à terme est qu’un équipement compatible puisse basculer entre infrastructure terrestre et satellite sans imposer la création d’un réseau complètement séparé.

Cette interopérabilité constitue l’un des principaux enjeux de la Sateliot 5G NTN. Elle pourrait permettre aux réseaux non terrestres de devenir progressivement une couche supplémentaire des infrastructures mobiles classiques.

Le lancement de cinq satellites supplémentaires reste néanmoins une étape intermédiaire. La qualité réelle d’un service satellitaire dépend directement du nombre de satellites disponibles, de leurs orbites et de la fréquence à laquelle ils passent au-dessus des terminaux.

Une constellation appelée à dépasser 500 satellites

Sateliot voit beaucoup plus loin que les onze satellites lancés jusqu’ici. Le projet présenté par l’entreprise prévoit à terme une constellation de plus de 500 satellites déployés en plusieurs générations.

La première étape est orientée vers le massive IoT, avec des appareils transmettant principalement de petits volumes de données.

Les générations suivantes doivent proposer davantage de capacité et supporter progressivement des services plus critiques. Sateliot évoque notamment une évolution vers la communication D2D, ou Direct-to-Device, permettant une connexion directe entre satellites et terminaux compatibles.


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À propos de l'auteur

David Peruch
David Peruch est responsable éditorial de Planet Sans Fil, média francophone consacré aux technologies sans fil. Depuis deux décennies, il couvre le Wi-Fi, le Bluetooth, les réseaux mobiles, les objets connectés, les smartphones, l’audio et la maison connectée. Auteur de plus de 14 000 articles, il publie des actualités, dossiers, comparatifs et tests destinés à rendre les nouvelles technologies accessibles au grand public.

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