La GSMA prévoit 2,4 milliards de connexions 6G dans le monde en 2035

La GSMA estime que la 6G pourrait représenter environ 2,4 milliards de connexions en 2035, avec les premiers déploiements commerciaux attendus autour de 2030. Les nouvelles prévisions publiées ce 24 septembre 2026 donnent également une idée de l’explosion attendue du trafic mobile mondial au cours de la prochaine décennie.

La GSMA représente une grande partie de l’industrie mobile internationale et sa branche GSMA Intelligence produit régulièrement des analyses sur l’évolution des réseaux. Ces prévisions ne constituent évidemment pas un calendrier garanti : la 6G est encore en cours de standardisation et les fréquences définitives, équipements et services commerciaux restent largement à construire.

Les premiers réseaux 6G sont attendus autour de 2030

La date de 2030 apparaît depuis plusieurs années comme le point de départ envisagé pour la commercialisation de la 6G. La GSMA Intelligence prévoit environ 50 millions de connexions 6G à la fin de 2030. Ce nombre resterait très faible à l’échelle du marché mobile mondial.

C’est logique. Une nouvelle génération ne remplace jamais la précédente en quelques mois. Les premiers smartphones compatibles sont coûteux, la couverture reste limitée et les opérateurs doivent progressivement moderniser leurs réseaux.

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La même évolution a été observée avec la 5G. Les premiers appareils sont apparus sur quelques marchés avant que la technologie ne gagne les smartphones de milieu de gamme et que les opérateurs étendent leur couverture.

La 6G devrait suivre une trajectoire similaire.

La GSMA cite notamment l’Asie de l’Est, l’Amérique du Nord et certaines régions européennes parmi les marchés susceptibles de démarrer rapidement grâce à leur forte adoption préalable de la 5G.

2,4 milliards de connexions cinq ans plus tard

La croissance pourrait ensuite devenir beaucoup plus rapide. Pour 2035, GSMA Intelligence évoque environ 2,4 milliards de connexions 6G. La Chine devrait représenter une part particulièrement importante de ce total. Dans plusieurs marchés avancés, la 6G pourrait alors représenter environ la moitié des connexions mobiles.

Cette projection doit néanmoins être replacée dans son contexte. Une connexion n’est pas nécessairement un smartphone. Les réseaux mobiles servent également des véhicules, ordinateurs, routeurs FWA, objets connectés et équipements industriels.

La 6G devrait encore élargir cette diversité. La GSMA insiste par ailleurs sur le fait que la 5G ne disparaîtra pas. En 2035, elle continuera à assurer une part importante des communications. Les opérateurs doivent amortir leurs investissements pendant de nombreuses années et les technologies restent généralement actives bien après l’arrivée de leur successeur.

Le trafic mobile pourrait approcher 850 exaoctets par mois

L’autre chiffre important concerne les données. La GSMA anticipe un trafic mobile mondial pouvant approcher 850 exaoctets par mois en 2035. Un exaoctet correspond à un milliard de gigaoctets. Cette progression s’explique par plusieurs tendances. La vidéo continue d’occuper une part importante des réseaux.

Les caméras des smartphones produisent des fichiers toujours plus volumineux. Les applications d’intelligence artificielle multimodale peuvent envoyer voix, photos et vidéo vers des services distants. Les lunettes connectées et futurs appareils portables pourraient également générer des flux continus.

Les véhicules et robots ajoutent encore de nouveaux types de trafic. Cette évolution ne signifie pas que chaque utilisateur consommera des volumes gigantesques. Une grande partie de l’augmentation viendra aussi du nombre d’appareils connectés au réseau. Le défi pour les opérateurs sera donc d’augmenter simultanément la capacité radio et celle des infrastructures situées derrière les antennes.

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La 6G aura besoin de davantage de fréquences intermédiaires

L’augmentation du trafic explique la bataille actuelle autour du spectre. Dans son étude Vision 2040 publiée cet été, la GSMA estime que les zones très denses pourraient avoir besoin en moyenne de 2 à 2,5 GHz de spectre mid-band pendant la période 2035–2040.

Dans les pays où la demande est la plus forte, les besoins pourraient atteindre 2,4 à 3,3 GHz. Les bandes étudiées comprennent notamment 3,8–4,2 GHz, 4,4–4,99 GHz, la partie supérieure des 6 GHz et 7,125–8,4 GHz. Cela explique pourquoi l’annonce faite aujourd’hui aux Émirats autour de la « Golden 6 GHz Band » est importante.

Les opérateurs cherchent des fréquences suffisamment élevées pour offrir beaucoup de capacité, mais suffisamment basses pour conserver une couverture exploitable. Les fréquences millimétriques pourront compléter ces ressources dans les zones extrêmement denses. Elles ne peuvent cependant pas remplacer à elles seules le spectre intermédiaire.

La 6G ne se résumera probablement pas à davantage de débit

Les premières générations mobiles étaient relativement faciles à différencier pour le consommateur. La 3G a démocratisé l’Internet mobile. La 4G a rendu la vidéo et les applications haut débit beaucoup plus confortables. La 5G a augmenté les capacités tout en introduisant une nouvelle architecture réseau.

La 6G pourrait être plus difficile à résumer avec un seul chiffre.Les travaux actuels évoquent l’IA native dans le réseau, la communication et la détection intégrées, le NTN satellite, une meilleure efficacité énergétique et une gestion plus fine des ressources.

Les projets AI-RAN de Samsung présentés cette semaine donnent déjà un aperçu de cette évolution.Ils utilisent encore la 5G Standalone, mais rapprochent IA, réseau et calcul Edge dans une architecture présentée comme une étape vers la 6G.

La prochaine génération sera donc probablement une évolution progressive de technologies déjà introduites avec la 5G-Advanced.Pour le grand public, le bénéfice pourrait se manifester par des connexions plus fiables, une meilleure couverture et des services plus réactifs plutôt que par une simple multiplication spectaculaire du débit.

Les 2,4 milliards de connexions prévues en 2035 doivent donc être considérées comme un scénario industriel, pas comme une promesse.

Elles donnent néanmoins une idée de la vitesse à laquelle l’écosystème s’attend à voir la prochaine génération se développer une fois les premiers réseaux commerciaux ouverts.

Récapitulatif technique

  • Technologie : 6G
  • Premiers déploiements commerciaux envisagés : autour de 2030
  • Connexions prévues fin 2030 : environ 50 millions
  • Connexions prévues en 2035 : environ 2,4 milliards
  • Trafic mobile prévu en 2035 : près de 850 EB/mois
  • Marchés précurseurs : Asie de l’Est, Amérique du Nord et certains marchés européens
  • 5G : restera largement utilisée parallèlement

 


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À propos de l'auteur

David Peruch
David Peruch est responsable éditorial de Planet Sans Fil, média francophone consacré aux technologies sans fil. Depuis deux décennies, il couvre le Wi-Fi, le Bluetooth, les réseaux mobiles, les objets connectés, les smartphones, l’audio et la maison connectée. Auteur de plus de 14 000 articles, il publie des actualités, dossiers, comparatifs et tests destinés à rendre les nouvelles technologies accessibles au grand public.

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