Samsung déploie le 6 octobre une évolution importante de SmartThings. La plateforme adopte Matter 1.6, introduit SmartThings Now et améliore surtout son contrôle local : lorsque smartphone et hub se trouvent sur le même réseau Wi-Fi, certaines commandes peuvent continuer à fonctionner même si l’accès Internet est interrompu.
SmartThings constitue depuis plusieurs années la plateforme domotique de Samsung. Elle réunit téléviseurs, électroménager, capteurs, éclairages et appareils Matter de nombreux fabricants. Samsung revendique désormais environ 470 millions d’utilisateurs enregistrés, ce qui donne une portée importante à l’adoption des nouvelles versions de Matter.
Matter 1.6 élargit encore les catégories d’appareils compatibles SmartThings.
La première évolution concerne Matter 1.6. Cette nouvelle version étend les catégories prises en charge par SmartThings aux compteurs d’énergie, systèmes d’irrigation, capteurs d’humidité du sol et différents systèmes d’ouverture ou de fermeture.
L’intérêt est concret pour la maison connectée. Matter ne cherche pas simplement à remplacer une application par une autre. Le standard développé par la Connectivity Standards Alliance fournit un langage commun permettant à des équipements de marques différentes d’être intégrés à plusieurs écosystèmes.
Un appareil compatible peut ainsi être conçu pour fonctionner avec SmartThings, Apple Home, Google Home ou Alexa sans que chaque fabricant doive développer une implémentation entièrement spécifique.
L’ajout des compteurs énergétiques devient particulièrement intéressant au moment où les fabricants cherchent à intégrer davantage le suivi de la consommation dans leurs plateformes. L’irrigation et les capteurs de sol élargissent de leur côté Matter vers le jardin connecté. Cela rapproche progressivement le standard de catégories autrefois dominées par des protocoles ou applications propriétaires.
A relire : SmartThings de Samsung passe sous Matter.
SmartThings la solution IoT du géant coréen Samsung passe elle aussi désormais en mode compatible avec la norme Matter. Une interopérabilité qui ouvre de nouvelles fonctionnalités.
Le contrôle local réduit la dépendance au cloud
La deuxième nouveauté est probablement encore plus importante. SmartThings peut désormais permettre au smartphone de communiquer directement avec certains hubs lorsque les deux appareils sont connectés au même réseau Wi-Fi.
Dans cette configuration, la commande n’a plus nécessairement besoin de partir vers les serveurs de Samsung avant de revenir vers le logement. Le bénéfice est double. D’abord, certaines commandes restent utilisables lors d’une interruption de la connexion Internet.
Une panne chez l’opérateur ne devrait donc plus nécessairement empêcher d’allumer une lampe ou d’exécuter certaines actions locales. Ensuite, Samsung annonce une amélioration d’environ 30 % du temps de réponse dans ses conditions de test.
Cette valeur ne doit pas être interprétée comme une garantie systématique. La latence dépend du smartphone, du Wi-Fi, du hub et du type d’appareil commandé. Le principe est néanmoins pertinent : supprimer un aller-retour vers Internet réduit mécaniquement une partie de la latence.
Plusieurs hubs Samsung peuvent assurer ce fonctionnement local
Le contrôle local concerne notamment SmartThings Station et plusieurs générations de hubs SmartThings. Samsung étend également ces capacités à certains téléviseurs et équipements Family Hub capables de jouer le rôle de hub domestique.
Cette stratégie est particulière. Au lieu d’obliger systématiquement l’utilisateur à acheter un boîtier domotique dédié, Samsung transforme certains appareils déjà présents dans le logement en infrastructure SmartThings.
Un téléviseur ou un réfrigérateur compatible peut donc participer au réseau de la maison. L’application bascule automatiquement entre contrôle local lorsque l’utilisateur est chez lui et accès cloud lorsqu’il se trouve à distance.
Cette approche hybride conserve l’intérêt du cloud pour piloter son logement depuis l’extérieur tout en réduisant sa dépendance pour les actions effectuées à domicile. Elle rapproche SmartThings de solutions comme Home Assistant, qui mettent depuis longtemps en avant le fonctionnement local.
SmartThings Now veut anticiper les actions de l’utilisateur
Samsung ajoute parallèlement SmartThings Now. La nouvelle interface utilise des cartes contextuelles placées en haut de l’onglet Home. Elles peuvent proposer des actions en fonction de la situation, de l’heure ou des habitudes observées.
Une carte peut par exemple suggérer d’activer certains appareils lorsque l’utilisateur arrive chez lui. La plateforme peut également signaler certaines informations liées à Family Care ou proposer de modifier les favoris en analysant les habitudes d’utilisation hebdomadaires.
Samsung cherche donc à faire évoluer SmartThings d’une application dans laquelle l’utilisateur cherche manuellement un appareil vers une interface davantage contextuelle. Cette logique rejoint la tendance actuelle de l’IA appliquée à la maison.
Il ne s’agit pas nécessairement d’intelligence artificielle générative. L’enjeu consiste surtout à utiliser le contexte et l’historique pour présenter la bonne commande au bon moment. Le risque est évidemment de multiplier les suggestions inutiles. L’intérêt réel dépendra donc de la pertinence des recommandations et de la possibilité laissée à l’utilisateur de conserver une interface simple.
Matter et le traitement local changent progressivement la domotique
La mise à jour SmartThings illustre deux évolutions de fond. La première est l’interopérabilité. Matter réduit progressivement la nécessité de choisir tous ses appareils chez un seul fabricant. La seconde concerne le retour du traitement local.
Pendant plusieurs années, de nombreux produits connectés dépendaient fortement du cloud. Cette architecture simplifiait certaines fonctions, mais créait également une dépendance : panne Internet ou arrêt du service pouvait rendre certaines fonctions inutilisables.
Le retour de commandes locales permet de construire une maison plus résiliente. Il améliore aussi potentiellement la confidentialité puisque toutes les interactions n’ont pas besoin de quitter le réseau domestique.
Matter ne supprime cependant pas automatiquement le cloud. Un constructeur peut continuer à proposer des fonctions distantes, des sauvegardes et différents services Internet. La tendance consiste plutôt à combiner les deux approches.
Récapitulatif technique :
- Plateforme : Samsung SmartThings
- Mise à jour : 6 octobre 2026
- Matter : prise en charge Matter 1.6
- Nouvelles catégories : compteurs d’énergie, systèmes d’ouverture, irrigation, capteurs de sol
- Contrôle local : oui
- Condition : smartphone et hub sur le même réseau Wi-Fi
- Gain de réactivité annoncé : environ 30 % dans les tests Samsung
- Accès distant : cloud conservé
- Nouvelle interface : SmartThings Now
- Appareils mobiles : Android et iOS
- Utilisateurs enregistrés annoncés : environ 470 millions
Prix et disponibilité :
la mise à jour est déployée dans SmartThings. Aucun abonnement spécifique n’est annoncé pour ces fonctions.
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