La Federal Communications Commission (FCC) a voté le 29 octobre 2026 pour faire avancer deux procédures américaines concernant les communications directes entre satellites et smartphones. L’une prépare une éventuelle mise aux enchères de 25 MHz de fréquences ; l’autre envisage d’ouvrir 482 MHz supplémentaires aux services satellitaires complémentaires. Il ne s’agit pas encore d’une attribution définitive de spectre.
Autorité fédérale américaine de régulation des communications, la FCC encadre notamment l’utilisation des fréquences radio, les réseaux mobiles, les satellites et la certification des équipements. Ses décisions influencent les stratégies des opérateurs et des fabricants, mais ne s’appliquent pas directement aux fréquences attribuées en France ou en Belgique. Les annonces du jour concernent donc d’abord le marché américain.
La FCC vote deux étapes réglementaires pour le satellite Direct-to-Device
Le 29 octobre, les commissaires ont engagé de nouvelles étapes de consultation et de préparation réglementaire pour les services Direct-to-Device (D2D). Ces systèmes permettent à certains téléphones ou objets connectés de communiquer avec un satellite sans antenne parabolique individuelle. Les modalités varient selon la technologie et les bandes de fréquences : tous les smartphones ne deviennent pas automatiquement compatibles avec tous les réseaux spatiaux.
A relire : Orange, Vodafone et deux géants européens préparent le satellite directement sur smartphone
Orange, Vodafone, Telefónica et Deutsche Telekom veulent franchir une nouvelle étape dans la connexion satellite sur smartphone. Le 19 octobre 2026, les quatre opérateurs ont annoncé leur intention d’étudier une candidature commune…
Le premier volet porte sur 25 MHz situés dans les bandes 1 675–1 695 MHz et 2 020–2 025 MHz. La FCC envisage de les affecter à des usages commerciaux terrestres, satellitaires ou hybrides. Les modalités précises d’une éventuelle enchère restent soumises à une procédure réglementaire. Une décision d’avancer sur cette préparation ne signifie pas qu’un opérateur a déjà obtenu ces fréquences.
Le second volet concerne 482 MHz supplémentaires susceptibles d’être rendus accessibles aux services dits Supplemental Coverage from Space, ou SCS. Ce mécanisme vise à compléter la couverture des réseaux mobiles terrestres grâce à des satellites. Il suppose notamment de traiter les droits des titulaires de licences existantes et les risques de brouillage entre services.
Le vote ne déclenche donc ni activation immédiate d’un réseau ni modification automatique des abonnements. Les opérateurs devront encore disposer des autorisations, des accords commerciaux et des équipements nécessaires. Pour les consommateurs, l’effet éventuel de ces décisions sera progressif et dépendra de leur traduction en services réellement commercialisés.
Comment les 25 MHz envisagés pourraient être attribués
Les 25 MHz correspondent à deux ensembles de fréquences distincts : vingt mégahertz entre 1 675 et 1 695 MHz, auxquels s’ajoutent cinq mégahertz entre 2 020 et 2 025 MHz. Ces portions de spectre ne forment pas un bloc continu. Leur utilisation ne peut donc pas être assimilée à celle d’un canal unique de 25 MHz dans un réseau Wi-Fi domestique.
Les documents préparatoires de la FCC évoquent plusieurs organisations possibles des licences. Une option prévoit deux blocs de 10 MHz et un bloc de 5 MHz. D’autres configurations restent étudiées. Le régulateur doit également tenir compte des usages existants, dont certaines communications météorologiques satellitaires. L’ouverture commerciale nécessite des règles permettant de protéger les services déjà présents.
L’intérêt de ces fréquences réside dans la possibilité de développer des modèles associant réseaux terrestres et satellites. Un opérateur pourrait, selon les règles finalement adoptées, employer le spectre pour étendre une couverture mobile ou bâtir une offre hybride. Mais le droit d’utiliser une fréquence n’équivaut pas à la capacité technique de fournir immédiatement un service fiable depuis l’espace.
Les conditions de puissance, de coexistence et de couverture sont déterminantes. Les smartphones disposent de petites antennes et d’une puissance d’émission limitée. La liaison avec un satellite situé à plusieurs centaines de kilomètres exige donc une infrastructure adaptée, notamment des antennes spatiales performantes et une gestion efficace des ressources radio.
Les 482 MHz supplémentaires et la couverture satellitaire complémentaire
Le dispositif Supplemental Coverage from Space permet d’envisager des transmissions satellitaires dans certaines bandes déjà utilisées par les réseaux mobiles. Le satellite devient alors une couche de couverture supplémentaire, particulièrement utile lorsque les antennes terrestres ne desservent pas une zone. L’objectif est d’améliorer la continuité du service plutôt que de remplacer partout les infrastructures cellulaires existantes.
L’extension de 482 MHz ne correspond pas à un seul bloc de fréquences librement disponible. Elle concerne plusieurs bandes et doit être étudiée avec les droits des titulaires de licences, les services voisins et les contraintes de coordination. Les documents préparatoires évoquent aussi une modernisation des conditions de partenariat entre opérateurs satellitaires et détenteurs de fréquences mobiles.
Cette question est centrale pour le modèle économique du D2D. Un fournisseur spatial peut avoir besoin d’un accord avec un opérateur mobile pour utiliser certaines fréquences. Les règles proposées cherchent à simplifier ces arrangements tout en maintenant des obligations de coexistence. Elles ne suppriment pas automatiquement les protections dont bénéficient les réseaux terrestres.
La qualité de service dépendra également de la capacité des satellites et de la densité des utilisateurs. Les premières offres D2D ont souvent privilégié les messages et les communications d’urgence, moins exigeants que la vidéo ou l’accès Internet généraliste. L’ouverture de spectre supplémentaire peut favoriser de nouveaux usages, mais ne garantit ni un débit particulier ni des appels vocaux disponibles sur tous les téléphones.
Starlink, Amazon Leo et opérateurs mobiles : les enjeux de concurrence
Plusieurs entreprises investissent dans la connexion directe des smartphones aux satellites. Starlink, développé par SpaceX, dispose déjà de partenariats avec des opérateurs mobiles. Amazon Leo prépare également son développement sur ce marché. L’annonce du 29 octobre intervient deux jours après une décision distincte de la FCC autorisant l’acquisition de Globalstar par Amazon Leo, qui a fait l’objet d’une actualité séparée.
Les entreprises n’adoptent pas toutes la même stratégie. Certaines cherchent à exploiter des fréquences mobiles dans le cadre d’accords avec les opérateurs terrestres. D’autres disposent ou cherchent à acquérir leurs propres droits d’utilisation du spectre. Les règles américaines en préparation peuvent donc modifier les conditions de concurrence entre acteurs, sans garantir qu’un modèle s’imposera.
Pour les opérateurs mobiles, le D2D représente une possibilité de compléter la couverture dans des zones où construire de nouvelles antennes serait coûteux. Il peut aussi contribuer à la résilience des communications lors de certaines catastrophes, à condition que le réseau spatial, les terminaux et les services d’urgence restent opérationnels.
Cette complémentarité présente néanmoins des limites physiques. Une liaison satellite est sensible à la visibilité du ciel et aux caractéristiques du terminal. Les bâtiments, les reliefs et les contraintes de capacité peuvent empêcher de retrouver les performances d’une antenne 5G terrestre. Le satellite ne constitue donc pas une solution universelle à toutes les zones blanches.
Ce que cette décision change pour l’Europe.
En Europe, les bandes de fréquences et les licences relèvent d’autres autorités. Les décisions de la FCC ne libèrent donc pas automatiquement 25 ou 482 MHz pour les opérateurs français et belges. Les procédures européennes devront tenir compte de leurs propres règles, des usages existants et des accords internationaux applicables aux services satellitaires.
Le dossier reste toutefois pertinent pour le marché francophone. Les opérateurs européens suivent eux aussi la possibilité de relier directement les smartphones à des satellites. Orange, Vodafone, Telefónica et Deutsche Telekom ont récemment annoncé une démarche commune d’étude sur les fréquences satellitaires européennes. Cette initiative demeure distincte des procédures américaines et ne préjuge pas de leurs résultats.
Pour un particulier, le critère essentiel restera l’existence d’un service accessible avec son appareil et son abonnement. Une annonce sur les fréquences ne suffit pas à établir une couverture effective. Il faudra vérifier les pays concernés, les conditions d’utilisation, les limites de données et les éventuels frais supplémentaires.
Aucun prix public ni calendrier d’ouverture d’un nouveau service européen n’a été annoncé à l’occasion du vote américain du 29 octobre. La nouvelle information vérifiable est l’avancement de deux procédures sur le spectre D2D, et non une disponibilité immédiate du satellite sur tous les téléphones.
Récapitulatif technique
- Régulateur : Federal Communications Commission (FCC), États-Unis.
- Décision du 29 octobre 2026 : avancement de deux procédures réglementaires.
- Technologie concernée : Direct-to-Device (D2D), Supplemental Coverage from Space (SCS).
- Premier volet : préparation d’une éventuelle enchère portant sur 25 MHz.
- Bandes concernées : 1 675–1 695 MHz et 2 020–2 025 MHz.
- Second volet : proposition d’ouverture de 482 MHz supplémentaires au SCS.
- Nature juridique : procédures de proposition et consultation, pas attribution définitive des fréquences.
- Applications : couverture complémentaire, communications d’urgence, messages et services mobiles selon les réseaux.
- Disponibilité France/Belgique : aucune conséquence réglementaire directe.
- Prix, débit garanti et calendrier commercial : non annoncés.
Retrouver tous les articles de Planet Sans fil sur Google News. Vous y trouverez notre actualité, nos tests en un seul clic.


























Soyez le premier à laisser un commentaire commenter "Satellite sur smartphone : la FCC avance sur 25 MHz d’enchères et 482 MHz supplémentaires"